Crédits : Mewen Lepretre

PAROLE D'ÉTUDIANT·E·S : « Confinés dans l'oubli »

02/09/2020

En France, le confinement a été décrété le 17 Mars 2020 et s’est terminé le 11 Mai 2020, soit 55 jours. Durant ces 55 jours, les médias suivaient activement l’avancée des recherches, la progression de l’épidémie et tout ce qu’elle englobait : impact économique, sanitaire, politique, social et bien plus. Les personnes en difficulté ont souvent moins la possibilité de s’exprimer publiquement tant qu’on ne leur donne pas la parole.

« Confinés dans l'oubli », c'est une série documentaire qui a pour but de laisser ces personnes témoigner sur leurs difficultés et leur situation. L’objectif est de faire prendre conscience à l’opinion publique de l’importance et de la réalité du problème. À travers une série d’épisodes portant chacun sur une personne dans une situation spécifique, une mise en lumière est souhaitée ainsi qu’une réaction du public, que ce soit par un partage, une prise de conscience spontanée ou une action concrète dans la vie de tous les jours.

La FEBIA : Bonjour, peux-tu te présenter ?

ML : Alors moi c'est Mewen Lepretre, j'ai la vingtaine et je suis actuellement étudiant en 3e année « réalisation audiovisuelle et journalistique » à Haguenau. Je me définis comme plein de choses, photographe amateur, monteur mais plus généralement comme vidéaste. Quelqu'un qui aime l’audiovisuel sous toutes ses formes, qui est très engagé et qui mêle un peu les deux.

La FEBIA : Parle nous un peu de ton parcours

ML : J’ai fais un bac STI2D et j'ai ensuite enchaîné sur une année de génie électrique, ce qui n’était pas du tout mon choix à la base. Je n'étais pas épanoui là-dedans et j'ai arrêté au bout de quelques mois pour me dire “fait vraiment ce que tu as envie de faire à fond” alors un jour je suis sorti de cours et j'ai pris mon appareil photo pour me dédier à ça à 100 %. Au début j'étais plus orienté montage et je me suis très vite retrouvé à passer derrière la caméra parce que j'avais envie de plus m'exprimer dans tout un processus de création audiovisuel et pas au montage uniquement. J'ai fait un DUT MMI (Métiers du Multimédia et de l'Internet, ndr) à Dijon qui m’a beaucoup apporté en terme de gestion de projet. C'était très enrichissant pour apprendre à bien définir ce que l'on veut, surtout dans l'audiovisuel où c'est très important. Maintenant je me dirige vers ma 3ème année, ma spécialisation, en réalisation audiovisuelle et journalistique pour à terme devenir journaliste reporter d'images.

La FEBIA : D'où te viens l'idée de ce projet ?

ML : Au départ je devais faire un stage pour valider mon MMI malheureusement avec le confinement mon stage a été annulé. Et finalement, c’est à force de regarder les informations que je me suis rendu compte que lorsqu'on parlait beaucoup des gens confinés parmi la classe moyenne, des gens normaux qui ont un appartement ou une maison et pas des personnes qui ont été les plus touchées. J'ai commencé à réfléchir à ce qui pourrait être intéressant, c'était aussi une période où pour passer le temps je regardais énormément de documentaire Arte. En plus j'aime beaucoup le travail fait par Charles Villa sur Brut ou les reportages de Kombini qui ont été pour moi une source d'inspiration. Je me suis dit que je pourrais faire quelque chose dans ce style pour essayer, pour me lancer et voir ce que cela pourrait donner. Et c'est comme ça que j'ai eu l'idée de faire une mini-série documentaire sur des personnes confinées aux situations atypiques. Finalement, ça a été très simple de trouver des personnes avec des situations atypiques, car on connaît tous l'existence des migrants ou des SDF qui galèrent tous les jours. On les croise quotidiennement mais tu ne connais pas leur véritable histoire. Pour moi ce sont des gens normaux qui devraient être interviewé au même titre que d'autres ! Et même si les personnes que j'ai rencontrées n'étaient pas toutes dans la même situation, c'était important pour moi de parler aussi des étudiants car j'en suis un et je voulais donner la parole à quelqu'un qui me ressemble sans parler de moi mais parler aux étudiants.

La FEBIA : Qu'est-ce que ce projet t'a apporté finalement ?

ML : Alors déjà j'ai rencontré énormément de personnes, ma co-réalisatrice, Rislane, bien sûr et ensuite les personnes que j'ai interviewé. Cela a donné lieu à des bonnes et des moins bonnes surprises mais c'était toujours hyper intéressant et ça m'a donné plusieurs bonnes leçons. En tant qu'expérience humaine d'abord, ça rend tellement humble, car ce sont des personnes qui n'ont rien et tu arrives avec tout le matériel de tournage qui est un peu intimidant alors que l'objectif était de m'effacer pour les laisser s'exprimer. On se sent un peu gêné et en même temps cela m'a permis d'être plus à l'écoute dans nos échanges. Ça m'a ramené à une certaine réalité et ça n'était pas plus mal car les rapports humains s'en sont trouvés plus "purs". Et du coup, je suis toujours en contact avec les personnes avec qui j'ai échangées comme Jean-Philippe qui est quelqu'un d'exceptionnel ! Humainement parlant c'était une grande claque, ça remet les idées en place.

Ce projet c'était aussi l'occasion d'acquérir une expérience professionnelle, de me mettre en situation de stress et de me confronter à des difficultés. En terme de budget par exemple, on a dû faire preuve d'adaptabilité car le projet était auto-financé mais avec les déplacements, la logistique, la régie on s'est vite rendu-compte qu'on allait devoir se débrouiller sur beaucoup de choses. Malgré tout on est vraiment contents du rendu ! On a reçu beaucoup de retours positifs dont celui d'un influenceur !

La FEBIA : Et maintenant que va-t-il se passer ?

ML : L'objectif maintenant c'est de toucher un public plus large et pas seulement le mien pour éveiller les consciences et transmettre un message. C'est aussi une manière de laisser sa marque sur un sujet qui me touchait et que j'aurais plaisir à revoir avec mon équipe ! Et au delà de ça, c'est aussi une manière de documenter une période importante, je pense, de notre histoire moderne. Et puis c'est aussi un passeport pour l'avenir professionnel de mon équipe afin de continuer à toucher les gens de part le monde avec ce genre de reportages.

La FEBIA : Un petit mot pour conclure ?

ML : J'ai juste envie de dire que je remercie énormément Anissa et Rislane pour m'avoir aidé parce que sans elles le projet ne sera pas ce qu'il est. Elles m'ont aidé à mettre au clair mes idées, elles ont apporté un regard différent et finalement ce projet ça n'est pas le mien, c'est le notre. J'ai l'habitude de travailler seul mais là c'était nécessaire que d'autres personnes se greffent au projet pour l'enrichir, alors merci à elles !

Confinés dans l’oubli, est une série documentaire donnant la parole à des personnalités ayant eu une situation particulière pendant une période particulière : le confinement. Comment l’ont-ils vécu psychologiquement ? Comment ont-ils vécu cette période exceptionnelle et qu’ont-ils à dire sur leur situation ?

Réalisation et montage : Mewen LEPRÊTRE & Rislane HAKYM
Consultante : Anissa KHELIL

Vous souhaitez en savoir plus : mewen.lepretre@outlook.fr